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dimanche 18 juillet 2010

Le pétrole, c'est fini pour JR

Une pub qui en dit long sur notre futur

Qui ne se souvient pas de J.R. Ewing, le roi du pétrole de Dallas? Tous ceux qui ont vécu les années Quatre-vingts, même s'ils n'étaient que de petits enfants, gardent son personnage de Méchant gravé dans leur inconscient!

Alors, baser une campagne commerciale pour l'énergie solaire sur cette figure symbolique qui résume une certaine époque, un état d'esprit, une arrogance américaine, il fallait oser! Un J.R. aux cheveux blancs qui vend des panneaux solaires, c'est vraiment un très, très joli coup. Il y a bien sûr le thème de la reconversion, le rachat sur le tard de l'homme machiavélique (d'autant plus qu'aujourd'hui le pétrole fait vraiment mauvaise figure au niveau écologique). Mais on se dit aussi que l'ancien homme d'affaires n'est pas devenu complètement gaga, et que s'il s'intéresse au solaire, ce doit être aussi parce que c'est un bon business...



A noter, le slogan de la campagne, "Shine, baby, shine !" ("Brille, bébé, brille !") est une allusion ironique au slogan de Sarah Pallin en faveur de l'exploitation des puits de pétrole dans les parcs naturels d'Alaska, "Drill, baby, drill !" ("Fore, bébé, fore !"), lors de sa candidature à la vice-présidence des Etats-Unis en 2008.

Pour ne rien gâter, l'acteur Larry Hagman est, en réalité, un fervent défenseur des énergies renouvelables, et ce, depuis longtemps! Il a siégé au CA de Solar Electric Light Fund, une association qui installe des équipements solaires dans les pays du Tiers-Monde. Et la compagnie SolarWorld pour laquelle il a aujourd'hui, à 78 ans, tourné plusieurs spots publicitaires, travaille avec Self pour équiper des cliniques à Haïti.

On peut voir dans cette vidéo les équipements solaires de sa propriété...



Dans l'interview ci-dessous, il explique ce projet et son choix pour l'énergie solaire.

Fascinante verrière photovoltaïque :

850 mètres carrés de capteurs !

En ce mois juillet extrêmement ensoleillé, l'énergie photovoltaïque semble plus que jamais d'actualité!

A l'occasion de la Semaine des Entreprises publiques locales (EPL) en juin dernier, la GEG (Gaz Electricité Grenoble) organisait une visite de ses installations solaires sur le site industriel jouxtant Minatec. On peut y admirer une impressionante verrière photovoltaïque de 850m². Couvrant entièrement les toits de deux ateliers, cette verrière les relie en formant entre eux un espace dédié au (dé)chargement de véhicules, protégé autant du soleil que de la pluie.

Comment ça marche ?

Les panneaux sont composés de cellules solaires photovoltaïques : des semi-conducteurs capables de convertir directement la lumière en électricité, grâce à l’« effet photovoltaïque » (PV). L’installation-verrière a une capacité de production de 349 watt/m² et a produit, depuis sa mise en place le 17 octobre 2007, 181 483 watt, évitant ainsi le rejet de 67 149 kg de CO2.

L’énergie ainsi produite est réinjectée sur le réseau ; elle alimente alors les compteurs des particuliers et le bâtiment EDF lui-même. Avant cela, le courant continu produit est transformé en courant alternatif (compatible avec le réseau électrique 230 V / 50 Hz) grâce à 18 onduleurs fonctionnant en continu et situés dans les deux ateliers.

Le même système fonctionne d’ailleurs pour les particuliers, qui peuvent revendre à EDF (ou à une régie locale), en totalité ou en partie, l’électricité produite par leurs installations photovoltaïques. Gain : 15 centimes d’euro le kW/h (30 dans les DOM et en Corse).


Luminosité, capteurs de présence, solaire thermique : d’autres bonne idées

Au-delà de sa verrière recouverte de panneaux photovoltaïques, ce « bâtiment à énergie positive » est entièrement équipé de capteurs de présence et de luminosité qui ont rendu inutiles la pose d’interrupteurs. En outre, les plafonds des ateliers ne touchent pas les murs afin de permettre une entrée supplémentaire de lumière naturelle.

La visite a continué avec un bâtiment à haute performance énergétique, équipé de panneaux photovoltaïques opaques. Ceux-ci, collées au bac acier de la toiture, ajoutent à son étanchéité. Trois autres panneaux solaires complètent le dispositif : deux photovoltaïques produisent de l’électricité comme la verrière ; un troisième, thermique, capte la chaleur nécessaire à chauffer l’eau du restaurant d’entreprise.

Le raffraîchissement par échange avec la nappe phréatique : une climatisation intelligente

En été, un forage à 20 mètres permet de ramener dans les circuits de chauffage du bâtiment de l’eau fraîche qui « climatise » (ou plutôt « rafraîchit » : c’est le terme exact correspondans au procédé) le bâtiment. Une fois réchauffée, cette eau est réinjectée plus loin dans la nappe souterraine. Le dipositif est rendu possible par la présence d’eau à Grenoble dès 3 mètres de profondeur. Cet échange avec la nappe phréatique a d’ailleurs été mis en oeuvre dans la conception du nouveau centre commercial de la Caserne de Bonne, dont le projet de réhabilitation a reçu le label Ecoquartier. Seul « hic », mais on le conçoit aisément, ce système ne peut être généralisé de façon sauvage, afin de préserver les équilibres souterrains.

mardi 15 juin 2010

Le portable qui se recharge à l'énergie solaire

Le Samsung Blue Earth S7550 se recharge entièrement à l'énergie solaire et arbore un boîtier recyclé à partir de plastiques PET. Sans entrer dans le débat marketing/écologie (les produits intégrant des capteurs commencent à se multiplier, sans doute pour des raisons plus commerciales qu'écologiques, mais doit-on s'en plaindre pour autant?), on peut considérer qu'on est face à un produit plutôt intelligent et attirant... à découvrir par exemple ici.

mardi 8 juin 2010

Metropia

Ce long métrage d'animation pour adultes du Suédois Tarik Saleh (2009) montre, dans un futur proche à l'atmosphère dark, un monde gris suffocant très réussi, où les fantasmes existant autour des nanotechnologies sont devenus réalité. Metropia conte l'histoire de l'entrée d'un homme en rébellion, et fait de ce point de vue penser de façon très (trop?) nette au 1984 de George Orwell. La différence tient notamment au thème des relations humaines, traité avec moins de noirceur idéologique que dans 1984 ; les ambitions personnelles, les désirs, les amours et les instincts solidaires des personnages sont explorés comme si rien n'avait changé en 2024 ; l'ambigüité de la nature humaine est conservée. Ce trait a pourtant le défaut d'affaiblir le final du scénario : l'intrigue politique concentre les conclusions cyniques, alors que parallèlement peuvent subsister entre les êtres des gestes de tendresse, d'amitié, d'entraide, de bienveillance. Du coup, on sort de la séance avec des sentiments partagés, comme un peu toujours dans la vraie vie, comme si les "méchants" restaient hors de nos foyers, là-haut, très loin, dans les sphères du pouvoir. Bref, on regrette un peu l'absence de conclusion forte du scénario, qui ne prouve pas grand chose bien qu'il aligne les bonnes idées pas toujours suffisamment exploitées. Ainsi, la géniale vision d'un métro reliant toutes les villes d'Europe n'assume pas réellement de fonction narrative, si ce n'est celle d'un décor démontrant l'inutilité des avancées technologiques pour rapprocher les êtres, et la mainmise de forces occultes sur ces inventions ; on aurait pu en tirer beaucoup plus. De même, le jeu télévisé "Asylum" qui permet chaque soir à un réfugié de gagner une place en Europe alors que le siège éjectable des trois autres les ramène violemment hors des frontières européennes, ne sert elle aussi que d'illustration du monde de la fiction, mais ne participe pas du scénario principal. En somme, une version de 1984 dont on pourrait sortir en "gardant espoir". Reste le dessin, surprenant, de ces personnages aux têtes disproportionnées par rapport aux corps, et de ce monde urbain apocalyptique, sans saisons : on passe un excellent moment en se régalant les yeux, l'animation donnant une dimension nouvelle au style d'histoire racontée.

Voir la bande-annonce officielle sur youtube.

jeudi 8 avril 2010

Global Positioning System (GPS)


Moi qui m'insurgeais devant ce que je considérais comme une technologie débile et infantilisante, déresponsabilisante et surtout destructrice du voyage... Qui disais que c'est en se perdant qu'on trouve la ville, qu'on rencontre qui sait nous guider aussi parce qu'il habite là... Eh bien, à la faveur de l'utilisation de cet outil, j'ai révisé mon jugement! On ne devrait vraiment jamais parler de ce qu'on ne connaît pas, de ce qu'on n'utilise pas soi-même...

Pourquoi avais-je été si contraire à la chose? J'ai nourri longtemps un rapport très physique aux cartes géographiques, indissociables dans mon esprit d'une dimension toute matérielle : pliures, usure, couleurs ; matière froissée, bruit du papier. Les vestiges de mes étés baladeurs tapissaient ainsi les murs de ma chambre.

Mais j'ai été forcée de dissocier cet emballage adoré de ce que j'ai compris être le réel objet de ma fascination : l'instrument de navigation qu'est la carte, l'ensemble de repères qu'elles donnent du monde, permettant de le parcourir, de le concevoir, de le définir, de le rendre sensé. Car tout cela, sous une forme différente, le GPS permet de le faire. Au lieu de trahir la carte, il la développe, il l'adapte à notre monde ; et nous, navigateurs modernes, pouvons ainsi, encore une fois, parcourir l'espace comme bon nous semble.

Nous nous perdrons bien encore, et nous pourrons toujours nous parler pour nous rencontrer. (Comme lorsque cette dame, l'autre jour, s'arrête pour me demander le chemin, et que je l'aide à le trouver sur ma carte digitale!) Comme d'habitude, il suffit de plier la technologie à nos besoins plutôt que d'adapter nos besoins à ce qu'elle nous permet ; c'est dans ce dernier cas seulement qu'elle risque de nous trahir.

Je continue d'affectionner les cartes en papier, les dessins, parfois les caricatures géographiques, car ils permettent d'introduire des variations de sens étrangères aux cartes GPS, dont la fonction est uniquement de guider, en toute justesse. Mais même au niveau affectif, les fonctions qui consistent à introduire ses propres repères sur les cartes électroniques permettent de faire siennes ces cartes, en mentionnant non seulement une gare ou un monument, mais aussi, pourquoi pas, un café, un parc agréable où l'on s'est reposé, ou la maison d'un ami. Apprivoiser l'espace, par tous les moyens ; lire l'espace, pour survivre et pour vivre.

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Illustration : image vectorielle d'une rose des vents figurant sur une carte marine de Jorge de Aguiar datée de 1492, récupérée ici.